(suite) Daniel Molla Le chrétien est attaché à Christ seul Seigneur; il est en Christ. L'œuvre de l'Esprit est de nous conduire à Jésus, de nous le faire connaître et aimer; c'est lui qui applique aux croyants les mérites et les bienfaits qui découlent de son œuvre rédemptrice. Notre unité ne se fait pas d’abord autour de la vérité révélée dans les Ecritures, mais bien autour d'une personne qui est le chemin, la vérité et la vie. Ce n'est pas seulement: «je sais ce que je crois», mais c'est: «Je sais en qui j'ai cru.»! D'ailleurs, Eph 4 dit: un seul Seigneur, avant de dire: une seule foi. Un seul Seigneur, chef suprême de l'Eglise. C'est Lui dont le monde a besoin. Il n'y a pas d'autre nom par lequel nous puissions être sauvés... Il n'y a de salut en aucun autre. (Act 4.12). Il est le seul médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tim 2.5). Notre évangélisation ne peut être que christocentrique. Tout passe par Lui. Il est le seul Sauveur et le seul Seigneur. Il est aussi le modèle, l'ami, le seul bon berger. Il est l'indispensable avocat, le fidèle intercesseur. Il est question de venir à Lui, de Le suivre, de L'aimer, de demeurer en Lui, d'être Ses témoins (Mat 11.28; Mc 8.34; Jn 14.15; 15.4; Act 1.8). Notre vocation de chrétien se résume aussi dans cette image: Vous êtes une lettre de Christ... lue et connue de tous (2 Cor 3.2-3). D'autres textes soulignent encore ce caractère christocentrique de l'évangile. Ainsi Paul affirme que, pour lui: vivre, c'est Christ (Phil.21), que le connaître est son seul vrai trésor (PhiI3.8-10). On sent bien que pour Paul, recevoir l'approbation de Christ est son but, sa joie, sa récompense. Notre unité se manifeste et se fortifie quand, ensemble, nous regardons à Jésus dont notre foi dépend du commencement à la fin. (Héb 12.2). La proclamation de l'Evangile ne va pas sans celle de la seigneurie de Christ, de Son autorité souveraine, Et cette seigneurie concerne avant tout les chrétiens auxquels le Seigneur dit: Si vous m'aimez, gardez mes commandements (Jn 14.15)... Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. (Jn 15.14). Notre volonté de faire réellement ce qu'Il nous dit, d'obéir à Ses commandements, doit se manifester dans tous les domaines de nos vies de disciples de Christ, y compris dans notre manière de vouloir et de rechercher l'unité. Le lien est direct entre un seul Seigneur et une seule foi. C'est là un point dont l'importance est évidente quand il s'agit de définir l'unité chrétienne et ses limites. La seule foi dont parle Paul peut être envisagée sous deux aspects. Sous son aspect subjectif, la foi est l'acte d'un sujet, la confiance qu'éprouve le chrétien envers le Christ, sa personne, son œuvre, ses promesses. L'aspect objectif concerne le contenu de la foi, ce que l'on croit, et qui peut s'énoncer comme un ensemble de vérités, la saine doctrine transmise par les apôtres et formulée dans
Dire que les premiers chrétiens persévéraient dans la doctrine des apôtres (Act 2.42), c'est laisser entendre qu'ils recevaient un enseignement précis auquel ils étaient attachés. Dans son discours d'adieu aux anciens d'Ephèse (Act 20), Paul rappelle qu'il leur a enseigné tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher. Ailleurs, il décrit les chrétiens de Rome en ces termes: Grâces soient rendues à Dieu de ce que, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de cœur à la règle de doctrine dans laquelle vous avez été instruits. (Rom 6.17). Paul met en garde ses lecteurs: L'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l'hypocrisie de faux docteurs... (I Tim 4:1-2). Il ajoute dans sa deuxième lettre à Timothée: qu'il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine... ils détourneront l'oreille de la vérité et se tourneront vers les fables. (2 Tim 4:3- 4). Il paraît évident que pour pouvoir abandonner la foi ou pour détourner l'oreille de la vérité, il faut avoir adhéré à l'une et à l'autre auparavant! Dans le même ordre d'idées, Pierre écrit: Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le maître qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine. Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions et la voie de la vérité sera calomniée à cause d'eux. (2 Pi 2.1-2). Eph 4.11-14, affirme que l'exercice des ministères dans l'Eglise a pour but d'amener les croyants à l'unité de la foi, pour qu'ils ne soient pas flottants et emportés à tout vent de doctrine, mais que professant la vérité dans l'amour... ils grandissent dans celui qui est le chef Christ. Il n'est pas étonnant, alors que dans la dernière épître du Nouveau Testament, les croyants soient exhortés à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. (Jude 3) et à s'édifier sur leur très sainte foi attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ pour la vie éternelle (Jude 20-21) Une seule foi! Aucun doute, cette parole n'a rien d'une affirmation isolée ou d'une préoccupation secondaire. Il y a, pour lui, comme pour les autres auteurs des lettres du Nouveau Testament, vérité et erreur, vraie et fausse doctrine; l'unité des croyants ne peut se réaliser au détriment de la foi transmise aux saints une fois pour toutes. Paul lui-même nous présente du reste une conséquence pratique: le différend qui l'a opposé à Pierre. Fallait-il qu'il ferme les yeux sur l'attitude répréhensible de Pierre qui laissait entendre, plus par ses actes que par ses paroles, qu'il n'y avait pas de véritable unité entre chrétiens d'origine juive et chrétiens d'origine païenne ? Une fausse unité (entre chrétiens juifs) mettait en péril la véritable unité spirituelle entre chrétiens de nations... les implications pratiques et doctrinales étaient considérables. Pierre et ceux qui suivaient son exemple, ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Evangile (Ga12:11-l4), Paul a donc affronté ce problème, car l'Eglise de Jésus-Christ était en péril. En elle se manifestaient déjà les premières atteintes d'un mal qui s'appelle aujourd'hui le pluralisme doctrinal, à savoir la tentative de faire cohabiter dans l'Eglise des convictions contraires l'une à l'autre sur point de doctrine fondamental. Le pluralisme doctrinal a connu, dans notre XXe siècle, un prodigieux développement. Il a de quoi plaire, puisqu'il prône la tolérance et plaide pour la paix, entre croyants tout au moins, quand la paix est un bien si rare autour nous. Un raisonnement simple sous-tend cette approche: «Je sais ce que je crois et je sais que l'autre croit tout autre chose que moi; mais cela ne fait rien. Le contenu de ma foi et de la sienne est, somme toute, secondaire; ce qui compte c'est d’être unis!" ... On accepte sur cette base une grande diversité en matière de convictions religieuses. Personne ne doit être exclu... Cette diversité n'a cependant rien à voir avec celle qui, selon les Ecritures, se manifeste dans l'unité entre les membres du corps de Christ. Il s'agit, réalité, d'oppositions, de contradictions flagrantes sur des points fondamentaux de la foi. On veut que cohabitent ceux qui nient la divinité de Christ et ceux qui l'affirment, ceux qui contestent la résurrection corporelle de Christ et ceux qui trouvent en elles leur raison d'espérer, ceux qui disent que tous les hommes seront sauvés et ceux qui acceptent l'enseignement de l'Ecriture qui dit contraire, ceux qui croient que
Entre ces deux pôles d’affirmations contradictoires se déploie tout l'éventail des convictions religieuses. Or, pour beaucoup de responsables religieux actuels, l'unité doit se vivre dans cette diversité. Les contradictions ne doivent pas être regardées comme un obstacle à l'unité visible de ceux qui, de près ou de loin, se réclament du christianisme. Cela conduit à une forme d'union dans l’équivoque la plus totale sur le plan du contenu de la foi. A voir ce type d'unité entre des personnes qui annoncent «des évangiles» si différents sur tant de sujets vitaux, les incroyants ou les gens religieux non-convertis peuvent penser que le contenu de la foi n'a pas grande importance: erreur d'une évidente gravité, puisque c'est justement la connaissance de la vérité qui libère et sanctifie, selon les paroles du Seigneur Jésus lui-même (cf. Jn 8.32; 17 .17). J'ai le sentiment qu'aujourd'hui, dans les milieux religieux, on ne craint pas vraiment les risques d'un autre évangile... pas plus que les Corinthiens autrefois: Si quelqu'un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Evangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien. (2 Cor 11.4). Aujourd'hui, il n'est pas simple de vouloir s'attacher à une seule foi. Celui qui ose prétendre le faire suscite l'étonnement, s'attire la moquerie, parfois même des critiques sévères, car ceux qui réclament haut et fort «la tolérance» en matière doctrinale en manquent eux-mêmes souvent à l'égard de ceux qui demandent des bases doctrinales précises comme préalable à l'expression visible de l'unité entre églises. Du temps de Paul, il n'était déjà pas facile de vivre l'unité sur des bases solides et claires. Il écrivait aux Galates: Je m'étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Evangile (GaI 1.6). Avec fermeté, il ajoutait: Non pas qu'il y ait un autre évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'évangile de Christ. Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème! (Gall. 7 -8). Dans sa lettre aux Romains, Paul avertissait: Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, au préjudice de l'enseignement que vous avez reçu. Eloignez-vous d'eux (Rom 16.17). Les risques de dérapage doctrinal sont réels. L'apôtre Jean écrivait: Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n'a point Dieu; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils. Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne lui dites pas; Salut! car celui qui lui dit: Salut! participe à ses mauvaises œuvres (2 Jn 9-11). Il est donc des séparations, douloureuses, mais nécessaires, qui préservent l'unité véritable des croyants. On ne mélange pas ténèbres et lumière, justice et iniquité, fidèle et infidèle, Dieu et les idoles, mensonge et vérité, Christ et Bélial, l'Eglise et le monde. C'est pourquoi, sortez du milieu d'eux, et séparez- vous, dit le Seigneur; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant (2 Co. 6.14 à 7.1 ). Ces derniers versets créent un malaise. Chacun comprend assez bien ce qu'ils veulent dire, mais au sein d'un christianisme aux mille «chapelles», comment exercer le discernement pour préserver l'unité véritable et pratiquer les nécessaires séparations devant les déviations doctrinales de notre temps? Car il est certain que les difficultés rencontrées par les églises du premier siècle se retrouvent aujourd'hui. Plusieurs textes indiquent même que la question de la fidélité doctrinale sera l'un des problèmes majeurs des églises des derniers temps. Que fait-on alors avec cette affirmation de Paul: une seule foi? D'une certaine manière, le Seigneur Jésus rencontre chez nous les mêmes réserves qu'il trouvait chez ses auditeurs devant les «duretés» de l'évangile, devant ses affirmations tranchées qui dérangent. On se souvient de l'accueil accordé à son discours sur le pain de vie: Plusieurs de ses disciples, après l'avoir entendu, dirent: Cette parole est dure; qui peut l'écouter? (Jn 6.60)... et, un peu plus loin, de la douloureuse question qu'il pose aux douze: Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? (Jn 6:67). Quand Jésus dit (Mat 12:30): Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi disperse... quand il déclare qu'il y a deux chemins, deux portes, deux destinations, il souligne, en fait, qu'il faut faire le choix du chemin «resserré» de cette seule foi qui sauve. L'unité passe nécessairement par la porte étroite, par le chemin étroit. Il faut donc être unis, s'entendre sur l'essentiel; c'est une nécessité. Le pluralisme doctrinal, tel que le conçoivent nos contemporains, est exclu. Jésus n'a pas dit: «Croyez ce que vous voulez, mais soyez unis!» Il nous demande d'amener en son nom à l'obéissance de la foi tous les païens (Rom 1.5), et de rechercher dans l'Eglise l'unité de la foi (Eph 4.13), ce qui peut paraître bien étroit. Mais quel critère retenir pour cette seule foi afin de vivre aujourd'hui l'unité chrétienne? La réponse n'est pas facile. Viser l'unité des «évangéliques» semble être un bon objectif dans la mesure où ces derniers devraient avoir en commun une foi authentiquement biblique. Il faut reconnaître cependant que l'appellation «évangélique» n'est pas une «appellation d'origine contrôlée» ! Pour être honnête: c'est une appellation que nul ne contrôle. Dans toutes les branches du christianisme on rencontre des personnes qui se disent (ou que d'autres considèrent comme) «évangéliques». Si cela signifie qu'il y a, entre elles, des points communs, cela n'exclut pas la possibilité de différences doctrinales importantes. L'étiquette «évangélique» recouvre en fait, dans la pratique, un véritable pluralisme doctrinal au sens où nous l'avons défini. Elle s'applique en effet aussi bien à des personnes qui désignent du même mot «résurrection», les unes une résurrection corporelle, qui concerne la personnalité de Jésus dans toutes ses dimensions, les autres une résurrection «spirituelle», dont la réalité se situerait au niveau de l’expérience faite par les disciples de la présence de Jésus dans leur souvenir. On le voit bien: les mots n’ont pas toujours le même sens, et c'est vrai aussi du mot: «évangélique». Une seule foi : s'entendre sur l'essentiel... Oui! Mais, quand on a dit cela, qu'a-t-on réglé? Une parole de sagesse -qui sonne bien -a été avancée pour éclairer cette voie de l'entente sur l'essentiel: «Sur le primordial: unité. Sur le secondaire: liberté. En tout: charité!» Comment ne pas être d'accord avec cette approche si conforme à l'esprit de l'évangile? Cependant, il faut encore s'entendre sur la définition du primordial et du secondaire. Il est difficile de trancher. L'accord va-t-il se faire sur le plus petit dénominateur commun qui permette l'alliance la plus large, ou sur tous les détails, quitte à réduire l'unité... à une seule personne? Dans le Nouveau Testament, un texte évoque la possibilité que certains désaccords existent dans l'Eglise sans que pour autant son unité soit mise en péril: Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons cette même pensée; et si vous êtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous éclairera aussi là-dessus. Seulement, au point où nous sommes parvenus, marchons d'un même pas (Phil 3:15-16). Eph 4 propose l'unité de la foi comme un objectif à viser pour l'Eglise, mais il est évident qu'il demeure en partie inaccessible, car il y aura toujours, entre les membres du corps local (et à plus forte raison, entre membres de communautés ou dénominations différentes), certains désaccords inévitables dans les convictions doctrinales. L’apôtre Pierre évoque cette difficulté, quand il dit que dans les écrits de Paul, il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Ecritures, pour leur propre ruine. (2 Pi. 3.16) L'unité de la foi n'était donc pas un objectif facile pour l'Eglise primitive. Mais ce que dit Pierre montre bien que cette difficulté ne doit pas nous décourager dans la recherche de l'unité de la foi. Toute autre attitude, consciente ou non, conduit à la ruine, dit-il. Vous donc, bien-aimés, qui êtes avertis, mettez-vous sur vos gardes, de peur qu'entraînés par l'égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté. (2 Pi 3.17).Si l'accord ne peut pas se faire sur tout, sur quels points est-il indispensable? Quelles sont les doctrines sur lesquelles doit se faire l'unité? La réponse n'est pas simple. Dans une étude sur le thème de l'unité, présentée lors du Congrès de Lausanne 1974, le professeur Henri Blocher a proposé cinq critères qui devraient nous aider à distinguer entre le primordial et le secondaire, critères dont l'application exige, de son point de vue, la reconnaissance préalable de l'entière autorité et de la parfaite inspiration des Saintes Ecritures. Voici ces cinq critères: I. Le critère biblique. Quand on discute d'une interprétation, d'une doctrine biblique, «la place qu'occupe un sujet dans
Il. Le critère théologique. «Plus les conséquences sont nettes et plus elles sont directes pour le cœur de la vérité évangélique, plus le point prendra de l'importance. Il y a des doctrines stratégiques. Si on y touche, tout s'écroule; et d'autres, périphériques: une divergence à leur sujet laisse intact le reste de l'édifice» (3). On peut appliquer ce critère, par exemple, à la doctrine de la résurrection de Christ: Si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. (1 Cor 15.14), ou à celle de la justification par la foi, sans les œuvres de la loi, sinon vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce (Gal5:4- 6). Par contre, il est possible de proposer diverses interprétations quant à la durée du mot «jour» dans Gen 1, sans remettre en cause le fait que la création est, en tout point, l'œuvre prodigieuse du Dieu créateur. III. Le critère pratique. «Il faut considérer de même les conséquences non théologiques mais pratiques. Quels sont les enjeux pour l'organisation de l'Eglise, la vie spirituelle, les méthodes et le message d'évangélisation? (Pour bien en juger, il nous faut observer, mais cela ne suffit pas: certaines différences pratiques paraissent liées à un point de doctrine, alors qu'en réalité d'autres facteurs, cachés, les déterminent (sociologiques, personnels, etc. ). La question du baptême des enfants, qui n'est pas centrale théologiquement, a des conséquences pratiques assez considérables». (4) IV. Le critère historique. «Pour nous délivrer de l'étroitesse de nos horizons personnels, aucun secours ne nous est plus précieux que celui de nos frères et pères en la foi. Ils n'ont pas été infaillibles, mais nous devons respecter, apprécier la sagesse que Dieu leur a donnée, et en profiter. Nous risquons toujours de donner prise à l'ironie de Paul: Est-ce de chez vous que
V. Le critère contemporain. «Dieu a donné à sa Parole une clarté telle que l'essentiel du message ne peut pas échapper au lecteur respectueux et de bon sens. Lorsque des hommes de Dieu, scientifiquement compétents, et qui se veulent tout à fait dociles devant l'Ecriture, se trouvent en grand nombre dans les deux camps d'une controverse, nous pouvons présumer que l'objet du débat n'appartient pas au cœur absolument vital du christianisme. Ainsi de la doctrine de l’état intermédiaire, que nous croyons biblique: elle est contestée par certains théologiens évangéliques, ce qui laisse supposer qu'elle est secondaire.» (6) 'l'els sont les cinq critères qui peuvent nous aider à distinguer entre le primordial et le secondaire, afin d'arriver à l'unité de la foi sur les doctrines fondamentales, tout en reconnaissant la possibilité de divergences sur des points de détail, sur des doctrines qui ne seraient pas «stratégiques». (...) Il est certainement utile de passer au crible des cinq critères précédents les questions de foi sur lesquelles il s'agit de bâtir l'union ou de justifier une désunion. C'est un exercice à mener avec soin, car le contenu de notre foi est primordial à tous les niveaux de notre vie. L’adversaire essaie toujours de discréditer
On peut s’étonner de rencontrer le baptême dans cette liste de points d’union donnée par Eph 4. Ce sujet n'a évidemment pas la même envergure que les autres affirmations contenues dans ces mêmes versets: un seul Seigneur, une seule foi, un seul Dieu...
Le baptême devait être une porte d'entrée visible dans l'Eglise. Il devait être comme une frontière, le lieu où l'on passe du monde dans la communauté des rachetés. Il devait être le symbole de la régénération, le signe extérieur d'une adhésion intérieure, de cœur et d'esprit, au Christ, Seigneur et Sauveur. Pour le nouveau converti, ce devait être une marque d’obéissance à son Maître, car le premier des commandements du Seigneur qui le concernait, une fois qu'il avait compris le salut, c'était justement de se faire baptiser pour témoigner de sa repentance et de sa foi en Jésus. Très tôt, l'adversaire s'est attaqué au baptême, à sa signification originelle, à la façon de le pratiquer. Il a tout fait pour que, peu à peu, en l'espace de deux ou trois siècles, le symbole de la régénération passe pour le moyen par lequel le Saint-Esprit opère cette régénération. L'acte du baptême devenait efficace en lui-même, il devenait un sacrement que seuls des hommes revêtus d'une autorité particulière pouvaient administrer. Cela changeait, bien sûr, la nature du baptême, mais aussi celle de l'Eglise. Le baptême «symbole», confession de la foi du baptisé, n'est pas en lui-même indispensable au salut (le brigand repentant a pu s'en passer); il est de l'ordre du témoignage, de la mise en pratique de l'évangile en obéissance à un commandement du Seigneur. Il est le geste par lequel le chrétien s'affirme comme disciple et est reconnu comme tel par ses frères. Mais, du jour où on en fait un sacrement, il devient indispensable pour tous. (...) Ainsi, l'unité des croyants ne peut s'envisager sans ces trois mots: un seul baptême. Mais quand il s'agit d'appliquer ce principe aux relations inter- ecclésiastiques, on sent bien le problème. Baptême des croyants et baptême des enfants sont deux pratiques radicalement différentes, pour ne pas dire opposées. Si nous sommes convaincus que le baptême biblique est le baptême par immersion des croyants, comment travailler sereinement avec des pédo-baptistes, dans un contexte où, pour évangéliser ensemble, il faudrait justement taire un élément important du message évangélique? Selon le livre des Actes, le message de l'évangile a pour but, non seulement d'orienter tout de suite le nouveau converti vers l'obéissance du baptême (Act 2.38,41 -voir aussi l'eunuque éthiopien, Saul de Tarse, Corneille, Lydie, etc.), mais encore de lui faire découvrir le type d'Eglise dans laquelle il pourra persévérer dans la doctrine des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières. (Act 2.42). Point d'évangélisation biblique sans un but ecclésiologique clair. Comment accréditer, par une collaboration entre églises de multitudes et églises de professants, une doctrine du baptême (et donc de l'Eglise) coupable d'avoir donné, des siècles durant, l'illusion du christianisme à des millions de gens? Seule la vérité libère. Il faut donc rester en situation de pouvoir annoncer tout le conseil de Dieu ...y compris sur cette question du baptême des croyants. Par ces mots, Paul conduit enfin ses lecteurs à ce qui est au cœur de l'unité des croyants; elle se fonde sur cette vérité: Dieu est au centre de tout, Il est l'auteur, la source et la cause première. Toute
Ce n'est pas quelque chose qui plaît aux hommes. Orgueilleux et égocentriques depuis la chute, ils se veulent autonomes, maîtres de leurs destinées, de leurs choix, sans devoir rendre compte à quiconque. Ils ne veulent pas d'une autorité divine souveraine dans leur vie. Cette attitude-là marque encore l'homme, même après qu'il s'est converti, quand il se tourne vers Dieu pour recevoir le pardon de ses péchés et la grâce d'une vie nouvelle. Même en présence des commandements clairs du Seigneur, il est capable de discuter, de tergiverser, d'hésiter à obéir. La souveraineté de Dieu n'est pas la doctrine favorite du croyant moyen. Il est pourtant capable de chanter avec enthousiasme que Christ est Seigneur; il est aussi capable de reconnaître que tel ordre du Seigneur est clair. ..et que, théoriquement, ce serait bien de pouvoir lui obéir sans réserve... mais, pratiquement, pour toutes sortes de raisons, il va se permettre de minimiser cet ordre divin, de le rendre facultatif, pour lui obéir à sa convenance. Pour expliquer son «oui, mais» (qui est une manière polie de dire «non»), il invoquera des questions de commodité, d’efficacité, de politique. Il peut encore avoir des motivations cachées comme celles de ces gens qui troublaient les Galates en les éloignant du pur Evangile; en fait, nous révèle Paul, ils ne voulaient pas être persécutés pour la croix de Christ (GaI 6.12-13). Ils refusaient de porter l’opprobre de Christ. Ils voulaient pouvoir se dire «chrétiens» sans trop se mettre en porte à faux avec les judaïsants. Aujourd'hui comme hier: La crainte des hommes tend un piège (Pr 29:25). Il est vrai que personne n'aime affronter le jugement des autres à cause d'un différend «doctrinal». Pourquoi mettre en péril sur de si délicates questions des amitiés auxquelles on tient? Chacun est tenté de mettre sa lumière un peu sous le boisseau pour éviter ces ennuis face à la majorité «qui pense que». C'est ainsi que ce que Dieu affirme ou commande est «relativisé». Comme Pierre, nous répondons à l'ordre précis qu'Il donne par un retentissant ou discret: Non, Seigneur (Act 10.14). «Non», et «Seigneur»: deux mots qui ne devraient jamais se suivre dans la bouche ou le cœur d'un enfant de Dieu. Cependant, il faut bien l'avouer: l'autorité de Dieu et Sa souveraineté gênent. Si la réponse à la question: Que dit l'Ecriture ? est dérangeante, on cherchera ailleurs des raisons de faire autrement. Aucun d'entre nous n'est à l'abri de ce type d'attitude... de reniement. Si Pierre et Barnabas se sont laissé piéger (Gal 2.11- 13), c'est qu'il faut vraiment veiller et nous encourager les uns les autres dans cette attitude de vigilance. L'important, c'est donc de voir en Dieu, Père (au-dessus de tous), Fils (parmi tous) et Saint-Esprit (en tous), l'unique souverain, l'unique voix autorisée, l'unique roi, l'unique chef suprême de nos vies et de l'Eglise. L’important, c'est de vouloir scrupuleusement, et avec joie, se soumettre à Sa voix, le glorifier Lui et le servir Lui seul. Vous êtes heureux si vous savez ces choses, pourvu que vous les pratiquiez (Jn 13.17). Faites tout pour la gloire de Dieu (1 Cor 10:31). Dans notre monde, le syncrétisme a ses adeptes; on accrédite l'idée qu'on peut mettre un signe «égal» entre le Dieu de
Ce chemin de l'unité dans la fidélité peut paraître bien étroit. Le Seigneur Jésus ne l'a pas présenté autrement! Nous pourrions être tentés de l'élargir un peu, pour moins d'inconfort et plus de rentabilité dans les contacts, pour avoir peut-être «meilleure presse». Il faut pourtant résister à cette tentation, et l'histoire nous donne bien des raisons de le faire. Robert Dubarry décrivait, par une phrase brève mais vraie, ce qui s'est passé quand les chrétiens sont entrés dans le jeu de l'élargissement progressif du chemin étroit: «Le christianisme se fit ainsi temporel, puis arrangeant, puis intellectuel, puis mondain.» (8) Au bout du compte, après quelques siècles, que restait-il de l'évangile au sein du christianisme officiel? Et même après
A côté du Catholicisme ou du Protestantisme, l'autre christianisme des églises professantes qui se voulaient indépendantes de l'Etat et fidèles à l'Ecriture quoi qu'il en coûte, a dû lutter pour survivre, car ses adversaires religieux n'hésitaient pas à recourir au bras séculier pour faire taire, physiquement s'il le fallait, la voix de ceux qui aspiraient à un vrai retour aux sources de l’évangile. Longtemps, les chrétiens évangéliques n'ont guère eu à connaître que la politique du bâton. On préfère de nos jours leur tendre la carotte. On espère ainsi inciter ces «frères séparés» à trouver le chemin du bercail, celui d'un christianisme unifié, pacifié, dans lequel on évitera surtout de sortir
Si nous prenons l'Ecriture au sérieux, il est évident que cela va limiter, restreindre, nos possibilités de manifester concrètement l'unité entre croyants au sein d’un christianisme où le pluralisme doctrinal est de rigueur. Il faut fixer des frontières, des limites à ne pas franchir, si nous voulons éviter de perdre notre identité évangélique, notre message, le sens de notre mission dans ce monde. Ce n'est pas parce que la scène religieuse est confuse, difficile à cerner, avec la «valse des étiquettes» évangéliques, qu'il faut renoncer à clarifier, dans un souci de fidélité à Dieu et à sa Parole, ce qui peut et doit l'être: que ce soit le contenu de notre foi, les objectifs qui peuvent être visés ensemble, et les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre. Cependant, dans ce qui me semble être un bon combat, il faut rester prudent, examiner toute chose et retenir ce qui est bon. La recherche de l'unité ne peut se réduire à une approche du style: «tout, ou rien!». C'est vrai que l'exercice est périlleux, et les dangers qu’il comporte pourraient nous rendre prudents à l'excès. L'isolationnisme qui en résulterait serait grave. Le repliement sur soi est aussi une tentation à laquelle il faut résister. La recherche de l'unité doit donc rester au cœur de nos préoccupations... malgré les difficultés d'une telle démarche. S'il est grave de manquer de jugement concernant les faux prophètes et les risques qu'ils font courir à 1 'EGLISE, il serait aussi grave de juger trop sévèrement ou injustement des frères pour la seule raison qu'ils ne voient pas les choses exactement comme nous dans cette délicate question de l'unité à vivre et à concrétiser. Il faut aussi reconnaître qu'il y a différents niveaux dans les signes extérieurs d'unité. Cela peut aller de contacts ponctuels ou épisodiques entre personnes issues de milieux religieux très différents jusqu'à des collaborations étroites entre églises en vue d'un témoignage commun devant le monde. Par exemple: 1. Il est possible d'organiser des rencontres assez «larges» (à l'échelle d'une ville ou d'une région) dont le but est de favoriser le respect mutuel entre responsables d'églises, de faire circuler des informations utiles à chacun, ou encore de réfléchir ensemble à des problèmes de société ou à des problèmes théologiques. Confronter paisiblement, mais en toute clarté, les positions et apprendre à mieux connaître la pensée des autres, leur manière de comprendre et d'interpréter les Ecritures, est certainement utile pour les uns comme pour les autres, même si cela peut se révéler «dérangeant» .Ces rencontres devraient être informelles, sans parrainage particulier, pour leur éviter toute «récupération» intempestive par les «anti» ou les «pro» de l'œcuménisme (ou d'autres «ismes» plus ou moins populaires!). 2. Dans le cadre des Groupes Bibliques Universitaires (ou d'autres mouvements semblables) des chrétiens d'origines diverses peuvent témoigner d'une certaine communion entre eux en organisant des moments de prière et des études bibliques sur leurs lieux de travail, afin de promouvoir dans ces contextes particuliers le témoignage chrétien, la lecture de
3. Des croyants, attachés à l'inspiration et à l'autorité des Saintes Ecritures, peuvent s'unir pour en rendre témoignage devant le monde (religieux ou non), même s'ils ne partagent pas la même ecclésiologie, par exemple. Cela s’est déjà fait de manière semble-t-il profitable. Il y a probablement d'autres pistes à suivre, avec sagesse, afin de saisir des occasions où, en toute clarté et sur des sujets précis, bien définis à l'avance, des chrétiens engagés, mais ne partageant pas les mêmes convictions sur l'ecclésiologie ou sur d'autres points de doctrines, peuvent se retrouver utilement et donner un certain témoignage de leur unité en Christ, de leur attachement à l'Ecriture Sainte. Ainsi pourrons-nous explorer et exploiter quelques possibilités de rendre compte, avec douceur et respect, de l’espérance qui est en nous (1 Pi. 3.15) et de professer la vérité dans l'amour (Eph 4.15) Il faut cependant encourager un autre niveau de l’unité entre croyants, ce que l'on pourrait appeler un œcuménisme véritablement évangélique. Il s'agit de promouvoir une collaboration étroite entre églises professantes unies sur l'essentiel de la foi chrétienne (évangélique). Les objectifs d'une telle «unité» seraient, tout à la fois, de manifester aux yeux du monde la communion réelle qui règne entre elles, et d'évangéliser ensemble au cœur de notre société. Il est alors évident que, dans ce contexte-là, l'accord le plus large doit être recherché à la lumière d'un texte comme celui d'Eph 4. On ne peut obéir ensemble à l'ordre du Seigneur (Mat 28.18-20): Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit, sans être d'accord sur les doctrines du Salut et de l'Eglise. Nous devrions, entre évangéliques membres d'églises de professants, manifester notre unité face au monde (qu'il soit religieux ou non) en obéissant à cet ordre de mission dans son entier, comme l'apôtre Pierre l'a fait le jour de
C'est sans complexe, et de manière déterminée, que nous devons rendre compte de notre position sur ces questions vitales pour l’avenir de nos églises. Car nous ne devons pas perdre de vue que si l'EGLISE de Jésus-Christ est immortelle, les églises locales, quant à elles, ne le sont pas; leur chandelier peut leur être enlevé par le Seigneur en personne (Apoc 2.5). Les appels à veiller, ou même à se repentir -d'un manque d'amour (Apoc 2.4-5), ou d'une attitude laxiste dans des questions de doctrine ou de discipline (Apoc 2.14-16,20; 3.2- 3, 19) -ne sont pas superflus. La vie et l'avenir des églises locales en dépendent. Ainsi, ces questions sur le thème de «l'unité chrétienne, ce qu'elle est et ses limites», doivent faire l'objet d'une réflexion d'autant plus sérieuse que l'un des drames actuels du monde évangélique, c'est l'union apparente de ceux qui ne partagent pas la même foi sur les choses essentielles, et la désunion apparente de ceux qui auraient toutes les raisons d’être ensemble s ' ils donnaient la priorité, dans le choix de leurs alliances, à leur accord sur l'essentiel. Cette situation est grave; c'est un succès pour l'adversaire. Certaines divisions au sein du peuple de Dieu sont véritablement coupables, parce qu'elles s'appuient sur des différences de sensibilité personnelle ou d'interprétations sur des sujets difficiles et controversés. Mais certaines unions, que le souci du nombre a fondées sur l'équivoque au détriment du respect de la vérité, le sont sans doute autant. Que Dieu nous aide alors à bâtir, entre professants, une véritable unité, qui honore le Seigneur et rend témoignage devant le monde de Sa venue et de l'efficacité de Sa grâce. Qu'Il nous préserve de divisions, ou d'alliances, qui feraient le jeu de l’adversaire en affaiblissant notre capacité de proclamer «tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher», en vue du salut de beaucoup. Qu’à Dieu soit la gloire, dans l'Eglise et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles! Amen! (Eph.3.21). D.M. Notes: "PROMESSES No 117-juillet 1996" L'unité chrétienne...
Ce qu'elle est ...et ses limites3.2.3. Il y a un seul Seigneur
3.2.4 une seule foi
3.2.5 Un seul baptême
3.2.6 un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, parmi tous, en tous.
4. Conclusion
4.1 Une tentation à éviter
4.2 Un combat à mener
4.3 Une recherche à poursuivre
4.4 Une unité à promouvoir
1 The nature of biblical unity, p. 380 à 392 du livre «Let the earth hear his voice». (Recueil des études et conférences présentées lors du Congrès de Lausanne pour l'évangélisation du monde, en 1974). Les citations qui suivent sont tirées de la version française de cette étude distribuée aux congressistes francophones.
2 Ibid., p. 387. 3 Ibid., p. 387 4 Ibid., p. 388 5 Ibid. p. 388. 6 Ibid., p. 388.
7 Vocabulaire de Théologie Biblique, de Xavier LEON-DUFOUR, Editions du Cerf; p.114
8 Pour faire connaissance avec un idéal
1. J.Tuffier Le 02/04/2008 à 15:04
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